« Le Velvet n’a peut-être pas vendu beaucoup d’albums, mais chaque personne qui l’a acheté a ensuite voulu
monter son propre groupe ». Cette phrase de Brian Eno est probablement ce qui résume le mieux la puissance
artistique d’un collectif qui en une poignée d’années a changé à tout jamais la manière d’envisager le rock.
Soutenus à bout de bras par un mécène-protecteur-visionnaire hors normes en la personne d’Andy Warhol, Lou
Reed, John Cale, Sterling Morrison et Moe Tucker ont déchiré le rideau qui séparait la musique populaire de l’Art
majuscule : Arts plastiques, Arts de la scène, Littérature ou Performance, il semble, avec le recul, que Le Velvet a
offert au rock un réservoir à résurrections pour les trois siècles à venir…
La trajectoire de Rodolphe Burger, ancien prof de philo alsacien qui largue tout pour fonder le groupe Kat Onoma
et sillonner la France, guitare à la main, pendant dix-huit ans, est un exemple parmi d’autres de la postérité
d’une démarche née dans les sous-sols de New York. Lorsqu’il rend hommage à Mahmoud Darwich – spectacle
accueilli il y a deux saisons – lorsqu’il joue pour Mathilde Monnier ou qu’il sonorise le Tramway de Strasbourg,
Rodolphe Burger est sans conteste un enfant du Velvet. Enfant, il est resté, et c’est pourquoi il joue simple.
Pour jouer Le Velvet, il a soigné le casting : musiciens
velus, poètes et performers. Un concert coup de
poing, et beaucoup de projets de groupes à la sortie.
Pic de natalité musicale à prévoir…