En douceur, sans forcer, comme
on murmure à l’oreille d’un garçon
romantique, Mina Tindle s’est
installée dans le paysage musical
comme la plus belle promesse d’un
folk à la française. Épaulée avec
bienveillance par le divin barde
JP Nataf, des stickers de Brooklyn
et Cat Power sur son étui de guitare,
cette toute jeune chanteuse a pris
deux ans pour enregistrer ses
poèmes musicaux. Le voyage ne
fait que commencer…
Mina Tindle est une jeune fille de son temps. Pas forcément
le temps des piercings, des journées à poster
des photos de ses pieds sur Facebook ou des chorégraphies
post-aérobic apprises le samedi soir devant
sa télé. Plutôt le temps d’une génération pour qui
New York ou Bamako semblent au coin de la rue. Une
génération qui a utilisé Internet pour s’ouvrir au monde
et ses musiques. Un temps marqué par la mélancolie
curieusement stimulante d’artistes comme Cat Power,
Radiohead, Jeff Buckley ou Alela Diane.
Ce temps, Mina Tindle l’a pris à bras-le-corps. Elle
s’y est consacrée, jour et nuit, dormant au-dessus
d’un club de Brooklyn, écoutant beaucoup les autres,
jusqu’à commencer à faire entendre sa propre voix.
Une voix à la maturité singulière, rassurante comme de
bonnes nouvelles des étoiles. Cette voix plaît et surtout
imprime une marque quasi indélébile.
Des dizaines de concerts à s’exposer et vérifier que
l’on a quelque chose à dire, des bars, des premières
parties et des festivals fouineurs à raconter son histoire
tout en la vivant, et puis un jour on écrit à l’une de ses
inspirations : il s’appelle JP Nataf et il cache dans sa
barbe le secret des mélodies ciselées et des arrangements
élégants, un peu comme si Paul Simon avait
croisé João Gilberto.
L’album est une réussite totale, il s’appelle Taranta, et
la chanson éponyme sera sur l’album suivant. Comme
un symbole, comme une promesse.
Arrangements soyeux, morceaux à étages,
mélodies racées : Mina Tindle déballe avec
aisance sa panoplie de future grande. Comme
désormais beaucoup d’artistes nés ici, elle
pourrait conquérir les coeurs outre-Atlantique
avant de séduire en son royaume.
Johanna Seban, Les Inrockuptibles
En partenariat avec l’Empreinte, Savigny-le-Temple