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Aux grincheux qui pourraient s’interroger sur la pertinence d’un orchestre de
chambre en 2012, le Quatuor Debussy donne la plus belle des réponses : virtuosité
sans faille au service d’une ouverture d’esprit aventureuse, goût de la rencontre
ultra-productif, relecture rafraîchissante d’un répertoire qu’on pensait connaître…
Autant dire que leur tout nouveau programme, mêlant l’Art de la fugue des plus
grands compositeurs à la retranscription pour quatuor du Requiem, monument
de Mozart, donne déjà faim. |
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On ne choisit pas son patronyme par hasard. En se réclamant de l’autorité artistique de Claude Debussy,
Christophe Collette, Marc Vieillefon, Vincent Deprecq et Fabrice Bihan ont fait un choix radical : celui de former
un quatuor libre et audacieux, porté sur les rencontres et les expériences.
Depuis vingt ans, on a pu entendre ces quatre virtuoses jouer Chostakovitch ou Brahms comme les contemporains
Guillaume Lekeu ou Olivier Mellano. On a pu les voir au service des chorégraphies d’Anne Teresa de Keersmaeker,
Maguy Marin, Abou Lagraa ou dans les pièces de Jean Lacornerie ou Philippe Delaigue. L’art du quatuor est
l’art de l’écoute, plus que celui du jeu, la quête passionnée d’une forme d’harmonie qu’on appelle le son. Dans
leur dernier programme, les Debussy ont choisi de mettre leur son au service de deux formes incontournables
de la musique : la fugue et le requiem. La fugue, aussi jouissive chez Bach que chez Beethoven, mais aussi chez
Piazzola, est un terrain de jeu idéal pour un quatuor qui a fait de l’élégance, l’une de ses marques de fabrique.
L’Art de la fugue étant souvent considéré
comme le testament laissé par Bach à
ses successeurs, c’est probablement très
consciemment que le quatuor Debussy
a choisi d’interpréter la transcription de
Peter Lichtenthal du Requiem de Mozart
en seconde partie de récital. Cette version
dénudée, très rarement interprétée, est à
l’image de ses interprètes d’un soir :
puissante dans son humilité.
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